TÉMOIGNAGE DE “BAPTÊME” EN BELGIQUE

Nous avons reçu le témoignage suivant qui décrit les conditions atroces d’un “baptême” dans une Université de Belgique:

« Je m’appelle [nous masquons le nom] et je suis une étudiante française en Belgique. Je
vous écrit pour clarifier une situation: celle du baptême étudiant. En
effet, je suis à […] l’Université 
[nous masquons le nom], où la
pratique des baptêmes étudiants est plus que répandue, et qui plus
est, avec le consentement des autorités de l'[Université]. Comme j’ai commencé
(mais pas terminé) mon baptême, je vais vous raconter avec la plus
grande précision et véracité ce que j’y ait vu.
Il y a plusieurs soirées:
-le parrainage: on est vendus à des parrains, qui nous achètent en
faisant ce que les Belges appellent des “à-fonds”, c’est à dire boire
son demi litre de bière en trois gorgées ou moins.
-la soirée pyjama: on dort dans le garage ou le local de son cercle
étudiant; une cassette vidéo est passée toute la nuit, et elle est
faite pour empêcher le bleu de dormir ; j’ai eu le droit à Dorothée
toute la nuit ; à quatre heures, nous avons eu le droit de nous
allonger sur le sol du garage pour dormir. A six heures, on nous a
réveillé au son de la trompette pour aller courir au bord du lac, sans
rien dans l’estomac, et en ayant dormi moins de deux heures. Trente
minutes de course.
-rallye chopes : on passe de stands en stands pour manger des trucs
qui sont mangeables en soi, mais écoeurants lorsqu’ils sont mis
ensembles. Si on vomi, ce qui arrive fatalement (surtout au stand
« tripes crues »), on recommence.
-le roi des bleus : forcés d’avaler des litres de bières, en moyenne
30 chopes de 50 cl pour gagner. Comme il faut les ingurgiter en 1 à 3
gorgées, tout le monde vomit. Obligation de finir le verre, même on a
vomit dedans (ce qui m’a valu mon dernier souvenir visuel du baptême :
une fille, le nez au dessus de son vomi, entourée de plusieurs
personnes lui ordonnant de le ravaler)
-Match de foot : attachés à deux, les bleus qui réussissent à mettre
un but sont punis en étant obligés de se mettre la figure dans la
boue. Les « poils et plumes », c’est-à-dire les anciens, versent des
choses dégoutantes sur les bleus : sauce tomate, bière crachée par un
poil, huile, œufs, etc… Si trop de choses tombent par terre
lorsqu’elles ont glissées, comme lorsque l’œuf dégouline le long du
corps, on est obligés de lécher ce qui se trouve par terre.

Et enfin, le clou du spectacle, la soirée baptismale. On ne sait
absolument rien à l’avance (comme pour toutes les activités,
d’ailleurs ). Un camarade de classe me dit « tu sais pourquoi on
appelle ça « baptême ? On est immergé dans un bain de sang ». Je n’ai
pas voulu le croire. Le lendemain, en me rendant au cercle de philo et
lettres, je croise les bleus d’autres cercles qui viennent de
terminer : ils sont complètement couverts de sang, avec tous leurs
habits. Ils partent faire la fête en boîte ainsi. J’ai quitté le
cercle le même jour ; désormais totalement exclue, je suis la seule à
avoir « abandonné ». Mes anciens « co-bleus » m’ont raconté : en
maillot, ils doivent baisser leur slips (pour les hommes) afin d’avoir
la verge peinte en bleu. Les filles doivent enlever leur haut pour
avoir la poitrine peinte. Ils restent plusieurs heures à marcher « en
éléphant », en passant la main entre leurs jambes et en tenant la main
de celui qui est devant, en chantant « j’ai quelque chose de pointu
qui me rentre dans le cul, qui m’empêche de marcher ». Ils restent de
longues heures « gueule en terre », à genoux et le nez juste au dessus
du sol. Généralement, un poil pisse juste à côté pour qu’ils aient le
nez à 2 millimètre au dessus.
Pendant toutes ces activités, si le bleu accomplit mal quelque chose,
s’il oublie les phrases sans sens qu’on lui fait retenir (comme : « le
fifrelin est le 369 dix millionième quart de part de poil de con de
vierge enceinte coupé perpendiculairement à la base dans le sens de la
longueur au moyen d’une lame gillette préalablement aiguisée sur la
pine du vice-recteur qui bandait pour la circonstance devant la statue
de l’Alma mater nourrissant ses milliers d’enfants de bière et de
désirs pervers et inassouvis »), il est insulté et mis « gueule en
terre ». Surtout, on a interdiction de répondre à un ancien ou de le
regarder (obligation de regarder par terre). On doit manger tout ce
qu’ils nous donnent : cube de bouillon, ail (en moyenne 20 gousses par
soirée, c’est très douloureux pour la langue), oignons, et surtout
viande pour chien.
Tout cela, à part la soirée du baptême proprement dite, qui d’ailleurs
dure toute une nuit, avec interdiction de dormir), je les vus de mes
propres yeux. Et il y a aussi tout ce que je ne raconte pas, et qui
est une violence « banale », comme le poil qui appuie avec son pied
sur la nuque du bleu quand il est gueule en terre pour lui imprimer la
marque des gravillons dans le front.
Et aujourd’hui, deux mois après les faits, je suis incapable de m’en
remettre : je fais des cauchemars toutes les nuits en repensant à tout
cela, je vois un psy, et surtout, j’ai perdu tout goût pour les
études, je suis incapable de suivre les cours normalement, c’est très
dur d’aller à la fac. J’ai tenté de chercher de l’aide partout : la
fac fait la sourde oreille, les étudiants et professeurs soutiennent
massivement cette coutume.
Si j’étais en France, je porterai plainte. Ici, je n’ai nulle part où
m’adresser, alors que ce baptême a fait de ma vie un calvaire. S’il
vous plait, publiez ce témoignage à une bonne place, je jure qu’il est
véridique. Il faut que les étudiants français en Belgique soient
prévenus, pas comme moi, et qu’ils ne voient jamais tout cela de leurs
yeux. Je n’ai aucun recours, je me sens totalement désarmée face à
l’[Université]., dites moi ce que je peux faire, si je peux déposer une plainte
dans une institution européenne, si des gens ont déjà été condamnés
pour actes de barbarie en Belgique, s’il y a des précédents
judiciaires en Belgique qui me permettraient de porter plainte… J’ai
besoin d’aide pour sortir de ce cauchemar…»

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