Où en est-on du bizutage ou transmission des traditions, aux Arts et Métiers ? Vendredi à Cluny, le CABU, un collectif de syndicats et associations, anti bizutage créé à la rentrée, proposait une soirée débat autour du sujet.

Depuis la rentrée, à l’école Arts et Métiers ParisTech un groupe d’enseignants, soutenu par un collectif anti bizutage a souhaité s’inscrire dans la lignée des actions de « SOS Bizutage » créé par Jean Claude Delarue ». Nous considérons, déclara Rémy Marchall, enseignant à Cluny, que ces actions de bizutage sont une vraie atteinte à nos conditions de travail, durant toute la période de « Prise en main » soit tout le premier trimestre. D’une part cela perturbe vraiment les cours et d’autre part il est vraiment choquant de constater que les étudiants n’ont aucun libre choix. Ce collectif est né de ces préoccupations. Cette année nous avons voulu faire du préventif. Dans un premier temps en sensibilisant les parents à la rentrée, avec un tract signé par plusieurs enseignants. La « Prise en mis du 14 septembre » a déclenché des retraits de cours des enseignants.

« Au nom des traditions » Ce qui ne nous a pas plu c’est que la direction nous mette dans le même sac en sanctionnant aussi bien les élèves qui ne respectaient pas la loi (de 1998) que les professeurs opposés au bizutage ! Même si certaines choses sont acquises comme l’interdiction de la blouse en cours, on ne sait pas vraiment ce qui se passe durant cette prise en main. Certains élèves craquent et s’en cachent. » Actes humiliants et dégradants, symboles totalitaires, pressions psychologiques… Où en est-on aujourd’hui ? Et comment les choses ont-elles évolué ces dernières années ? On en saura peut-être plus bientôt. Actuellement l’équipe d’Envoyé Spécial » de France 2, dont on visionna lors de cette soirée le film : « Au nom des traditions » vient ponctuellement à Cluny au sein de l’école, pour poursuivre l’enquête menée en 2004. Un second film se prépare pour fin novembre.

Lors de ce débat, auquel participait d’ailleurs à titre privé un ancien élève, le collectif condamna également la trop grande intrusion de la Société des Anciens Élèves au sein de l’école. « On aimerait, déclara R Marchall, que ce soit un partenaire alors que ses membres sont omniprésents sans justificatif. Dans toute école, l’accès est contrôlé. Ici, la société des anciens élèves fait de l’entrisme systématique. »

Monic Coutheron (CLP)