"Il a été mis fin à ses fonctions", a confirmé au journaliste le cabinet de Valérie Pécresse, sans détailler les motifs de la décision, qui a apparemment été prise le 19 novembre et prend effet le 31 janvier.
Interrogé sur l'éventualité d'un lien entre ce départ et l'affaire qui avait fait du bruit à la rentrée, j'ai répondu: "ce qui s'est passé à Angers était sérieux. On avait informé le cabinet de Valérie Pécresse de cette pratique. Si le départ du directeur est effectivement lié au bizutage, cela pourrait encourager les chefs d'établissement à faire respecter le règlement dans leurs établissements".

Le directeur de l'Ensam « viré » par la ministre mercredi 27 janvier 2010


Article du 27/01/10 du Journal "Ouest-France"


Deux mois après un bizutage à l'alcool qui avait créé la polémique, le directeur de l'établissement a dû quitter ses fonctions. Dans la plus grande discrétion. Enquête La décision a été prise en catimini. Nommé pour 5 ans, le directeur de l'Ensam Angers a été remercié, le 19 novembre, à la demande de la ministre Valérie Pécresse. « Il a été mis fin à ses fonctions, confirme-t-on au cabinet du ministère de l'Enseignement supérieur. Nous lui avons notifié par courrier qu'il y avait une inadéquation entre la manière dont il a exercé ses fonctions et ce que le ministère attendait de lui. C'est un ensemble de reproches... » Un ensemble de reproches ? En septembre 2009, l'école avait été mise sous le feu des projecteurs avec un bizutage qui avait mal tourné. On avait forcé un étudiant à boire de l'alcool lors d'une soirée d'intégration. Le directeur de l'Ensam, Bernard Moreira, avait alors reconnu l'existence de semaines d'intégration où les anciens doivent intégrer les nouveaux. Un arrêté en novembre 2009
L'étudiant s'était plaint auprès de l'association SOS Bizutage, présidée par Jean-Claude Delarue. Contacté hier, le père de l'animateur télé s'explique : « Ce qui s'est passé à Angers était sérieux. On avait informé le cabinet de Valérie Pécresse de cette pratique. Si le départ du directeur est effectivement lié au bizutage, cela pourrait encourager les chefs d'établissement à faire respecter le règlement dans leurs établissements. » "Bernard Moreira avait été nommé en février 2008 à la tête de cette école qui forme des ingénieurs pour les arts et métiers. Et c'est un autre arrêté, en date du 19 novembre 2009, qui indique que la ministre Valérie Pécresse « met fin à ses fonctions, à compter du 31 janvier 2010 ».
L'ex-directeur soutient que le bizutage de septembre n'a aucun lien avec son départ. « Mon contrat était reconductible au bout de deux ans, car je ne suis pas titulaire de la fonction publique, explique Bernard Moreira. J'ai donc décidé de me consacrer à mes premières amours : la gestion d'entreprise en lien avec l'innovation et l'industrie. »
« Fautes de gestion »

Pourtant, d'après un élève, cette décision a été commentée lors du conseil d'administration de l'école : « On a parlé de problèmes de communication avec le personnel de l'établissement, ainsi que de directives prises par le directeur qui ne cadraient pas avec la stratégie de l'école. ». Un enseignant qui tient à garder l'anonymat n'est pas dupe : « Les dirigeants de l'établissement sont restés discrets. Cette information vient juste d'être communiquée au personnel. Il a été évoqué de graves fautes de gestion mais personne n'a été avisé du pourquoi ! Curieux, tout de même ? »

Arnaud WAJDZIK.