La publication en ligne du Washington Post en date du 9 août consacre un grand article rédigé à la nouvelle forme que prend la lutte contre les bizutages à New Delhi. Caméras de vidéo-surveillance, policiers qui patrouillent dans les couloirs, bénévoles qui s'infiltrent dans les groupes et alertent les autorités, la rentrée universitaire n'est pas rose pour les bizuteurs et les bizuteuses.
L'un d'entre eux, Niti Malik, pleurniche: "regardez, les bizuts et les bizutes ("fachchas") n'ont même pas peur de nous. J'ai trop la trouille pour les interpeller, avec toutes ces caméras et ces policiers, je risque trop gros". Le pauvre!

Harsh Agarwal, de l'association anti-ragging CURE (voir notre forum "in English"), explique: "c'est surtout dans les petites villes que le bizutage est particulièrement violent. Il sert notamment à obtenir la soumission des étudiants originaires des castes inférieures qui commencent à entrer à l'Université".
CURE a produit une vidéo qui est projetée devant les étudiants. Après le générique de fin, les langues se délient et d'anciennes victimes trouvent le courage de dire ce qu'ils ou elles ont subi: "on a écrasé une cigarette sur ma cuisse"', raconte un garçon. "On m'a obligé à me déshabiller", poursuit un autre. Une fille explique qu'elle dû se livrer à une exhibition de "pole dancing" en public.
Mais on sait aussi que, chaque année, des étudiants meurent à la suite de violences, certains se suicident, des viols sont commis.

Puis, un membre d'une patrouille anti-ragging pénètre dans la salle, il attrape des bizuteurs par le col et les menace de les traîner cher le patron de la fac. Les intéressés, morts de trouille, demandent pardon et s'enfuient. La leçon a porté. Pourquoi avoir peur de lâches comme ces bizuteurs, qui ne sont forts que devant les faibles et rampent devant les plus forts?