Communiqué du 02/11/04 deSOS BIZUTAGES
BIZUTAGES DANS L'ARMÉE RUSSE
Selon le quotidien "International Herald Tribune" du 21 octobre 2004, qui reprend un article du "New York Times", l'organisation de défense des droits de l'homme - Human Rights Watch - a publié le 20 octobre un rapport sur les bizutages que subissent les appelés qui font leur service militaire en Russie.
Le bizutage dure un an, beaucoup plus longtemps que les quelques mois de "classes" que nombre d'entre nous ont subies à la caserne en France. Pendant cette année, les "bleus" sont littéralement les esclaves des "grands pères" (en russe "dedovchtchina"), c'est-à-dire leurs anciens qui n'ont qu'un an de plus qu'eux - le service militaire dure en général deux ans.
Dépouillés de leur argent et de leurs objets personnes à leur arrivée à la caserne par les anciens et les gradés, les bleus sont victimes de brimades et de brutalités extrêmes, privés de nourriture et de sommeil. Résultat: selon le bureau du Procureur, 25 inscrits ont trouvé la mort à l'occasion de ces bizutages pendant les 6 premiers mois de 2004, et 60 des 109 suicides enregistrés pendant la même période ont la même cause. D'où d'ailleurs le grand nombre de jeunes insoumis ou déserteurs, qui tentent par tous les moyens d'échapper au service militaire.
Seule réaction d'un porte-parole, qui a préféré rester anonyme, du Ministère de la Défense: "ce n'est pas pire qu'aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne".
Human Rights Watch demande la nomination d'un "ombudsman" ou médiateur, chargé de protéger les conscrits.
En réalité, Poutine, qui n'a rien d'un humaniste - on le voit en Tchétchénie - se moque éperdument du respect des droits de l'homme dans l'armée. Seule une forte pression internationale pourrait le faire bouger.