BIZUTAGES ET PRISONNIERS IRAKIENS (suite)
Le magazine
"TIME" du 17 mai 2004 (page 41, 1ère colonne, 2ème
paragraphe) confirme la relation qui peut exister entre les traitements infligés
à des prisonniers irakiens et les bizutages dans l'armée américaine.
"Certains spécialistes des armées estiment que la nudité
et les humiliations sexuelles imposées aux prisonniers at Abu Ghraib
ne diffèrent en rien des bizutages qui sont courants entre soldats.
Dans un livre publié en 2003, l'écrivain et ancien «Marine»
Anthony Swofford raconte que son unité avait organisé une b…
(militaire) qui consistait en un viol collectif simulé d'un Marine
par les autres soldats, pour se divertir et amuser un journaliste qui était
venu leur rendre visite." Swofford ajoute : "On peut être
certain que dans des bases américaines à l'étranger,
des soldats traitent leurs camarades de cette manière."
Notre comparaison avec les sévices infligés aux prisonniers
irakiens aux Etats-Unis est reprise par le supplément "New York
Times" du journal "Le Monde" daté des 16 et 17 mai.
- En Pennsylvanie et dans d'autres Etats, des prisonniers sont régulièrement
forcés de se déshabiller devant les autres détenus avant
d'être transférés.
- En Arizona, les détenus du sexe masculin doivent porter des sous-vêtements
roses, autre forme d'humiliation.
- Dans la prison de haute sécurité de Wallens Ridge, en Virginie,
les nouveaux arrivants sont coiffés de cagoules noires, officiellement
pour les empêcher de cracher sur les gardiens, en fait pour qu'ils ne
reconnaissent pas ceux qui les frappent en les forçant à ramper
ou marcher à quatre pattes.
- Dans des prisons du Texas, ancien Etat de George W. Bush qui en a été
le gouverneur, les surveillants autorisent les gangs de détenus à
acheter et vendre des prisonniers pour faire le commerce du sexe, les viols
sont courants et tolérés par la direction.
- Le responsable chargé de la réouverture de la prison d'Abu
Ghraïb après la chute de Saddam Hussein avait été
amené à démissionner de son poste de directeur des services
pénitentiaires de l'Etat de l'Utah après la mort d'un détenu
atteint de schizophrénie qui avait été attaché
nu sur une chaise pendant 16 heures.* *
*A noter aussi l'éditorial publié par le quotidien "International
Herald Tribune" le 18 mai. Le journal affirme que les scènes d'humiliation
photographiées dans la prison d'Abu Ghraïb sont courantes dans
les prisons américaines. Mais il insiste surtout sur les viols de détenus,
extrêmement fréquents dans ces prisons et tolérés
par les gardiens. Le Congrès U.S. a d'ailleurs voté l'an dernier
une loi "pour l'élimination des viols dans les prisons".
Sera t'elle appliquée ? Et qui surveillera les surveillants de prison
?
Le journal rappelle qu'il y a plus de 2 millions de détenus dans les
prisons américaines (proportionnellement huit fois plus qu'en France)
et que le trafic de drogues y est répandu, avec pour conséquence
logique une hausse des infections VIH et d'hépatite C. Mais pour cacher
l'ampleur du désastre, certaines prisons ont réduit le nombre
de tests de dépistage…
Autres
sites Internet à consulter :
- stophazing.org
- allabouthazing.com
- staaamp.org/c.studies/hazing.html
(site de l'association "Survivors take action against abuse by military
personnel)